Les Empires centraux

Les Empires centraux
L'Allemagne est bien plus peuplée (67 millions d'habitants), mais elle doit réserver une partie de ses forces au front de l'est. La moyenne d'âge des soldats allemands est également inférieure à celle des Français. Au début de la guerre, l'Allemagne, contrairement à la France, n'a pas rappelé les classes d'âge élevé et dispose encore d'importantes réserves humaines. L'équipement du soldat allemand est généralement meilleur que celui du soldat français. En dehors de certains anachronismes comme le casque à pointe, il tient généralement compte de l'expérience acquise dans les conflits de la fin du XIXe siècle et le début du XXe.

# Posté le mardi 25 mars 2008 05:14

Modifié le mardi 25 mars 2008 12:01

La guerre en mouvement (1914)

La guerre en mouvement (1914)
Le chef d'état-major allemand Helmut von Moltke applique le plan Schlieffen. Le 4 août, l'Allemagne envahit la Belgique et le Luxembourg. L'attaque éclair en Belgique au début du mois d'août ne rencontre guère d'obstacles. Les Allemands pénètrent en Belgique près d'Aix-la-Chapelle. Le roi Albert Ier lance un appel à la France et à la Grande-Bretagne. Le 8 août, les troupes françaises entrent à Mulhouse, qui tombe à nouveau aux mains des Allemands deux jours plus tard. La percée en Lorraine, suivant le plan XVII, est un échec pour la France (Bataille de Lorraine des 19-20 août). En outre les IIIe et IVe armées se replient derrière la Meuse. De plus, les Allemands écrasent la résistance belge à Charleroi, le 23) et font reculer les forces franco-britanniques rencontrées sur la Sambre. Deux jours plus tard, les troupes allemandes entrent à Bruxelles. Sur toute la ligne de front belge et luxembourgeoise, les Alliés reculent. Le plan Schlieffen se déroule selon les prévisions.

Les Britanniques, dirigés par le commandant French, et les Français se replient précipitamment, mais en ordre, sur la Marne. Ils sont poursuivis par trois armées allemandes qui parviennent à franchir la rivière, mais ne peuvent isoler l'aile gauche franco-britannique. Joffre, général en chef de l'armée française, parvient à opérer un glissement des troupes vers l'ouest pour éviter la man½uvre de débordement et d'encerclement des armées allemandes. L'attaque de la capitale semble imminente : c'est pourquoi du 29 août-2 septembre, le gouvernement français quitte Paris et s'installe à Bordeaux, laissant la capitale sous le gouvernement militaire du général Gallieni. Le gouvernement civil exige des militaires que la capitale soit défendue et constitue une armée pour défendre Paris.

Mais Paris n'est pas le but des Allemands. Aussi pivotent-ils, toujours conformément au plan Schlieffen, en direction du Sud-Est pour encercler les armées françaises. Le 4 septembre, l'armée allemande occupe Reims, mais évite Paris en se dirigeant vers l'est. Le commandement voit là l'occasion d'attaquer les Allemands sur leur flanc. A l'appel de Joffre, l'armée française stoppe sa retraite le 6 septembre, fait demi-tour et repart à l'attaque. Des renforts sont envoyés de Paris grâce à la réquisition des taxis parisiens. C'est la Première bataille de la Marne (6-9 septembre). Après 4 jours de combats acharnés, les armées allemandes sont stoppées et reculent. Mais la bataille n'est pas décisive. Le haut commandement allemand a été affaibli par des divisions et les erreurs de Helmuth von Moltke. Croyant la victoire acquise à l'ouest, il a prélevé six corps d'armée le 25 août pour parer à une attaque des Russes, qui mobilisent plus vite que prévu pour soulager les Français. L'ensemble des forces allemandes se replie sur l'Aisne puis se fixe le long des Ardennes et de l'Argonne. En raison de l'échec du plan allemand et de la victoire française, Erich von Falkenhayn prend la tête de l'état-major allemand, le 14 septembre, en remplacement de von Moltke. Le 5 octobre, le conflit connaît ses premiers duels aérien près de Reims. En effet, un biplace Aviatik allemand est abattu à la carabine par les aviateurs français Frantz et Quénault.

Au nord-ouest du front, le 19 octobre, la « Course à la mer » débute entre les armées allemande, française et britannique. Chaque camp cherche à déborder l'autre par le nord. Les Allemands souhaitent atteindre les ports de Dunkerque, de Boulogne et de Calais pour couper les Anglais de leurs bases d'approvisionnement. Mais il échouent à s'emparer des ports français de la Manche, grâce aux inondations provoquées par les Belges dans la région de l'Yser. Les Britanniques avancent jusqu'à Ypres, à l'extrémité sud-ouest de la Belgique. Après avoir pris Anvers le 10 octobre, les Allemands tentent une percée lors de la sanglante bataille des Flandres, en novembre, mais ils se heurtent à la résistance des troupes alliées commandées par Joffre. Le 27 octobre, les Allemands lancent une vaste offensive en Belgique déclenchée au nord, à l'est et au sud d'Ypres.

Le 3 novembre, l'Amirauté fait miner la mer du Nord déclarée « zone de guerre ». Le Royaume-Uni fait confiance en sa marine pour protéger le pays et établir un blocus économique. Il ne possède en effet qu'une armée de métier de 250 000 hommes dispersés à travers le monde dont 60 000 seulement sont prêts à partir pour la France.

En décembre, les armées alliées contre-attaquent sur toute la longueur du front allant de Nieuport à l'ouest jusqu'à Verdun à l'est, mais ne gagnent aucune victoire décisive. La « mêlée des Flandres » marque la fin de la guerre de mouvement et des combats à découvert sur le front occidental, qui se stabilise sur près de 800 km, de la Suisse à la mer du Nord. À la fin de 1914, les deux camps creusent des tranchées.

# Posté le mardi 25 mars 2008 05:16

Le front est

Le front est
Sur le front oriental, suivant les plans des Alliés, le tsar lance l'offensive en Prusse orientale le 17 août, plus tôt que prévu par les Allemands. En août, deux armées russes pénétrent en Prusse-Orientale et quatre autres envahissent la province autrichienne de Galicie après les victoires de Lemberg, en août et septembre. Face aux armées autrichiennes mal équipées, les armées russes avancent régulièrement. Elles s'emparent de Lvov (3 septembre) et de la Bucovine et repoussent les Autrichiens dans les Carpates, où le front se stabilise en novembre.

Face aux Allemands, les Russes remportent une victoire à Gumbinnen (19-20 août) sur les forces de la huitième armée allemande, inférieures en nombre. Ceux-ci sont sur le point d'évacuer la région lorsque des renforts commandés par le général Paul von Hindenburg remportent sur les Russes une victoire décisive à la bataille de Tannenberg (27-30 août 1914), confirmée lors de la bataille des lacs Mazures en Prusse-Orientale, le 15 septembre, ce qui oblige les Russes à battre en retraite vers leur frontière. Les Allemands stoppent définitivement les offensives russes en Prusse (fin le 31 août). Le même jour, les Russes écrasent les Autrichiens lors de la bataille de Lemberg qui s'achève le 11 septembre. Le 20 octobre, au cours de la Bataille de la Vistule, les Allemands battent en retraite devant les Russes dans la boucle de la Vistule. Au début du mois de novembre, Von Hindenburg devient commandant en chef des armées allemandes sur le front Est

Sur le Front Sud-Est, les Autrichiens tentent à trois reprises d'envahir la Serbie, mais ils sont repoussés et subissent une défaite à Cer, le 24 août. Les Serbes reprennent Belgrade le 13 décembre. Et enfin, entre le 29 octobre-20 novembre, les Turcs bombardent les côtes russes de la mer Noire. L'Empire ottoman rejoint les Allemands et les Autrichiens dans la guerre.
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# Posté le mardi 25 mars 2008 05:18

Le conflit s'étend

Le conflit s'étend
Peu à peu, le conflit se mondialise.

* Le Japon déclare la guerre à l'Allemagne le 23 août 1914 en tant qu'allié du Royaume-Uni, mais sa participation au conflit se limite à l'occupation des colonies allemandes de l'océan Pacifique (îles Marshall, Carolines et Mariannes ) et des concessions allemandes de Chine ( Shandong ). Il profite du conflit pour supplanter les grandes puissances européennes en Asie.
* La Turquie entre en guerre contre les pays de l'Entente le 1er novembre 1914, en tant qu'alliée de l'Allemagne. La motivation principale de la Turquie dans cette guerre est de combattre la Russie tsariste qui cherche à prendre le contrôle des Détroits.
* L'Italie, bien que membre de la Triplice, déclare la guerre à l'Autriche-Hongrie en mai 1915 après bien des hésitations. En août 1914, elle s'était prudemment déclarée neutre. Sollicitée par les deux camps, elle finit par pencher du côté des pays de l'Entente. En effet, par le traité secret de Londres d'avril 1915, la France et le Royaume-Uni lui promettent qu'une fois la victoire acquise, elle bénéficierait de larges compensations territoriales, à savoir : les terres irrédentistes mais aussi une zone d'influence en Asie-Mineure et en Afrique.
* La Bulgarie s'engage aux côtés des puissances centrales en octobre 1915, c'est-à-dire à un moment où celles-ci semblent l'emporter sur le front des Balkans. Elle vise la Macédoine serbe et la Dobroudja roumaine.
* Le Portugal entre en guerre aux côtés de l'Entente en mars 1916 pour consolider sa position en Europe et préserver ses colonies, convoitées par l'Allemagne.
* La Roumanie, bien liée à la Triple Alliance, déclare la guerre à l'Allemagne en août 1916, après la contre-offensive russe victorieuse sur le front oriental laissant espérer une défaite de l'Autriche-Hongrie. Elle revendique la Transylvanie hongroise.
* En 1914, la Grèce reste neutre, puis elle rejoint l'Entente, en déclarant la guerre à la Bulgarie en novembre 1916, puis à l'Allemagne en juin 1917, après l'abdication et l'exil du roi Constantin.

Si on ajoute que les colonies participent à l'effort de guerre des métropoles, on voit que la guerre est vraiment mondiale. Les États-Unis ont déclaré la guerre à l'Allemagne le 6 avril 1917. Cette entrée en guerre, quoique tardive et malgré le retrait russe de la guerre suite à la révolution bolchévique, fut décisive.

# Posté le mardi 25 mars 2008 05:20

1915 - le front ouest

1915 - le front ouest
L'année 1915 commence avec une innovation technique à l'Ouest. Le 19 janvier, un Zeppelin effectue le premier bombardement aérien de civils au Royaume-Uni ainsi que le 21 mars où ce même dirigeable bombarde Paris. Le 21 janvier, les Russes réalisent une offensive dans les Carpates et 3 jours plus tard, la flotte britannique ressort victorieuse de l'escadre allemande près du Dogger Bank . En février, les premiers avions armés d'une mitrailleuse, les Vickers FB, équipent une escadrille de chasse britannique du Royal Flying Corps. Le gouvernement allemand proclame «zone de guerre» les eaux territoriales britanniques et c'est le début de la guerre sous-marine. Le 1er mars, les Alliés étendent le blocus à la totalité des marchandises allemandes.
Au front, les deux armées adverses sont immobilisées face à face sur une ligne continue de 780 kilomètres, allant de la mer du Nord à la Suisse. Ainsi la guerre devient une guerre de position et de tranchées. Il s'agit en fait d'une guerre d'usure, qui met à l'épreuve tant les forces morales que matérielles des combattants. Pour soulager les Russes, qui doivent faire face à une grande offensive des puissances centrales, les Turcs étant également passés à l'attaque au Caucase, Français et Britanniques lancent assaut sur assaut en Artois, puis en Champagne, le 16 février. Quatre jours plus tard, Reims est bombardée par les Allemands. Enfin, le 16 mars, la bataille de Champagne est terminée : la tentative de percée française est un échec. Ces offensives de 1915 réussissent à bousculer quelque peu les dispositifs allemands au prix de pertes effroyables. Le haut-commandement allié déplore l'insuffisance des moyens d'attaque et particulièrement en artillerie lourde, domaine dans lequel l'Allemagne possède une supériorité incontestable depuis le début de la guerre.

Le 22 avril, une nouvelle arme apparait: les gaz asphyxiants (ypérite) qui sont utilisés à Strenstraate et à Ypres par les Allemands. L'effet est immédiat et foudroyant. Mais jamais les Allemands ni les Alliés, qui l'essaient à leur tour, ne procèdent à une utilisation systématique. Contrôlant mal le mouvement des vents, les uns et les autres avaient peur que les nappes ne se retournent, et les soldats ne sont pas équipés pour occuper les zones infectées. Aussi, l'emploi des gaz ne permit jamais de remporter plus qu'un succès local.

Les 11 mars et 10 avril, les gouvernements britanniques et français donnent leur accord sur le principe d'une annexion de Constantinople par la Russie. Deux semaines plus tard, le 24 avril, plus de 600 intellectuels arméniens de Constantinople sont arrêtés et déportés par les Jeunes-Turcs (date considérée symboliquement comme marquant le début du génocide arménien).

Au même moment, l'expédition de Gallipoli est un échec qui coûte la vie à plus de 200 000 soldats britanniques sur 400 000 engagés, provenant pour la plupart du Commonwealth (fin en juillet) et le 26, le Traité secret de Londres entre les membres de l'Entente est signé et l'Italie s'engage à entrer en guerre contre les Empires centraux dans un délai d'un mois. Les Alliés acceptent les revendications du 9 mars. Pour la première fois de la guerre, les pays en guerre vont mobiliser toutes leurs ressources, humaines, économiques, financières, dans la conduite d'un conflit total.

L'organisation en armées, corps d'armée, division, brigade, régiment, bataillon, compagnie, section, escouade est relativement similaire dans les deux camps. La dotation et la répartition en matériel et en armes sont pratiquement identiques. Toutefois, la France a privilégié l'offensive et possède une artillerie plus légère fondée, notamment, sur le canon de 75 Modèle 1897 afin de favoriser les mouvements. L'Allemagne possède une artillerie plus lourde et à plus longue portée, favorisée notamment par ses capacités de production et capable de mener des combats plus défensifs. Ces choix ont une importance non négligeable au début de la guerre et la différence n'est comblée qu'au début de 1916.

# Posté le mardi 25 mars 2008 05:22

Modifié le mardi 25 mars 2008 12:04