1917 connaît une crise qui affecte tous les secteurs. Malgré les échecs des batailles de Verdun et de la Somme, le général Nivelle élabore un nouveau plan d'attaque frontale qui doit être le dernier. Il choisit un secteur situé entre Reims et Soissons : Le Chemin des Dames, qu'il estime mal défendu. Pendant six semaines, de début avril à la mi-mai, des assauts successifs tentent de conquêrir ce site. Pendant le premier assaut, 40 000 Français tombent sous le feu infranchissable des mitrailleuses allemandes. Il est vrai que l'attaque n'avait rien d'une surprise. Les Allemands avaient appris par des prisonniers la prochaine offensive contre leur site et avaient grandement amélioré leurs positions en plaçant davantage de mitrailleuses, en construisant des souterrains de protection, des abris souterrains à 10 ou 15 m de profondeur. En tout 270 000 soldats périssent. L'échec de l'offensive du Chemin des Dames a pour conséquence immédiate les mutineries, qui ne sont pas un « refus de se battre, mais d'une certaine façon de se battre ». Il est à noter que parmi les 40 000 mutins, il n'y pas de désertion, ni de fraternisation avec l'ennemi. Les mutins restent dans leur cantonnement et refusent de monter en ligne. Ils insultent les officiers qu'ils jugent incompétents. Les mutins sont punis avec une relative modération par Pétain, devenu le général en chef des armées françaises à la place de Nivelle. Il y a 629 condamnations à mort et finalement 75 exécutions. Pétain tente de mettre fin au mécontentement des soldats en améliorant leur vie quotidienne par le repos, la nourriture et le rythme des permissions. Il décide aussi de ne plus lancer les hommes à l'attaque tant qu'il ne disposerait pas d'une supériorité absolue en matériel. En effet, l'entrée en guerre des Américains aux côtés des alliés français et britanniques en avril 1917 laisse espérer un retournement de la situation. Toutefois, le commandement français n'ose plus lancer les hommes à l'attaque tant qu'il ne dispose pas d'une supériorité absolue en matériel grâce aux Américains et aux tanks. Pourtant, impatient de remporter un succès qui lui soit propre, l'état-major anglais lance une offensive à Passchendaele, dans les Flandres, à l'automne 1917. Il réussit seulement à mener à une mort inutile plusieurs centaines de milliers de Britanniques et d'Allemands.
En mars 1917, l'état-major impérial allemand prend la décision stratégique de reculer le front plus au nord, sur la ligne dite « Hindenburg », et fait évacuer toutes ses armées des positions occupées depuis 1914 dans le secteur de l'Aisne. Ils dynamitent systématiquement les édifices emblématiques des villes et villages auparavant occupés. Ainsi disparaissent notamment les forteresses de Ham (Somme), située non loin de là, et de Coucy (27 mars 1917). Ce recul permet de raccourcir le front et d'économiser les forces nécessaires à sa défense. Les seules offensives alliées victorieuses de 1917 ont lieu autour d'Arras et d'Ypres en avril et juin 1917, lorsque les troupes britanniques et du Commonwealth prennent quelques villages aux Allemands. La prise de Vimy par les Canadiens le 9 avril 1917 est devenu un symbole de la force du Canada et de la capacité des Canadiens de gagner un objectif sans l'aide des Britanniques.
Sur le front italien, les forces italiennes et autrichiennes s'affrontent sans résultat depuis deux ans et demi sur le front d'Isonzo au nord-ouest de Trieste. Le 14 octobre 1917, lors de la bataille de Caporetto, les soldats italiens reculent devant une offensive austro-allemande. Plus de 600 000 soldats italiens, fatigués et démoralisés, désertent ou se rendent. L'Italie vit sous la menace d'une défaite militaire totale. Mais le 7 novembre, la ligne de front italienne est enfin stabilisée sur le fleuve Piave, à environ 110 kilomètres du front d'Isonzo. La défaite italienne de Caporetto incite la France et la Grande-Bretagne à envoyer des renforts et à mettre en place le Conseil suprême de guerre pour coordonner les efforts de guerre des Alliés.