La guerre sous-marine

La guerre sous-marine
En 1917, sous la pression des militaires, et notamment de l'amiral Tirpitz, le Kaiser se décide à pratiquer la guerre sous-marine à outrance, c'est-à-dire couler tous les navires se rendant en Grande-Bretagne, même les neutres. Les Allemands espèrent ainsi étouffer l'économie britannique et la contraindre à se retirer du conflit. En avril 1917, les sous-marins allemands ont déjà coulé 847 000 tonnes, soit l'équivalent du quart de la flotte commerciale française. Toutefois, l'organisation de convois sous la protection de la marine anglaise et le dragage des mines réussissent à émousser l'arme sous-marine. En fin de compte, au lieu de faire baisser pavillon à l'Angleterre et de terroriser les neutres, la guerre sous-marine à outrance provoque l'intervention américaine.

De plus, la Grande-Bretagne demande l'aide du Japon. Le croiseur Akashi et huit destroyers sont envoyés à Malte, chiffre qui est porté par la suite à 17 navires, sans compter les navires à commandement mixte. Cette flotte d'escorte et de soutien protège les convois alliés en Méditerranée et permet aux troupes alliées d'être acheminées d'Égypte vers Salonique et Marseille, pour prendre part à la grande offensive de 1918. Le destroyer Matsu a sauvé plus de trois mille soldats et membres d'équipage du navire de transport Transylvania, torpillé au large des côtes françaises. En tout, le Japon a escorté 788 bateaux en Méditerranée, dont 700 000 hommes de troupes du Commonwealth britannique

# Posté le mardi 25 mars 2008 12:25

Entrée en guerre des Etats-Unis

Entrée en guerre des Etats-Unis
En août 1914, les États-Unis, très isolationnistes, restent neutres malgré les liens privilégiés avec des pays de l'Entente, en particulier le Royaume-Uni. Le blocus imposé par la flotte des pays de l'Entente met quasiment fin aux échanges entre les États-Unis et l'Allemagne. Dans le même temps, les liens financiers et commerciaux entre les États-Unis et les pays de l'Entente ne cessent de croître. Le torpillage du paquebot britannique Lusitania le 7 mai 1915, a tué 128 ressortissants américains, ce qui émeut l'opinion américaine et la fait basculer en faveur de la guerre. Les maladresses de la diplomatie allemande aident son revirement : en janvier 1917, le ministre-conseiller Zimmermann n'hésite pas à promettre au Mexique l'alliance de l'Allemagne contre les États-Unis avec, pour salaire de la victoire, le retour des provinces perdues (Texas, Arizona, Nouveau-Mexique). Cette intervention du Kaiser dans les affaires américaines suscite l'indignation. Le congrès américain décide l'entrée en guerre contre les empires centraux. Le président Woodrow Wilson fixe dès janvier 1918 ses objectifs de paix. Plusieurs pays d'Amérique latine s'engagent aussi dans le conflit aux côtés de l'Entente.

Comme le Royaume-Uni, les États-Unis disposent uniquement d'une armée de métier. Ainsi, lorsque la proposition de guerre du président Wilson devant le Congrès le 2 avril est acceptée, et que les États-Unis entrent en guerre le 6, le président américain doit compter majoritairement sur la base du volontariat pour constituer la force de 1,2 million d'hommes qui n'arrivera en France qu'à partir du mois d'octobre 1917. C'est la fameuse campagne d'affichage ayant pour symbole l'Oncle Sam pointant son index vers le lecteur. Le corps militaire américain, lorsqu'il établit ses premiers campements autour de Nantes et de La Rochelle en octobre 1917, surprend l'opinion française par sa modernité et surtout par son humanité à l'égard des hommes du rang (cas des douches qui contraste fortement avec la situation des poilus et des camps français très sobres et modestes). L'uniforme américain est vert, complété par un casque en forme de cercle tout comme le modèle anglais. C'est enfin une armée qui contribuera grandement à la victoire sur les Empires centraux, puisque lorsque la contre-attaque générale est lancée par le maréchal Foch en 1918, les GI's ne représentent pas moins de 31 % des forces combattantes alliées. Au total, 2 millions de militaires américains seront en Europe au moment de l'armistice.

# Posté le mardi 25 mars 2008 12:26

Le front est

Le front est
La Russie ne peut pas soutenir une guerre contre un ennemi mieux équipé et mieux organisé. L'effort que demande une guerre, production industrielle et agricole accrue, engendre un rationnement de la population et des troubles sociaux. Au début de l'année 1917, la Russie est épuisée, les désertions se multiplient et les villes connaissent des troubles d'approvisionnement qui rendent la situation explosive. Il suffit de peu pour que tout éclate. En mars 1917, une première révolution éclate. Elle porte au pouvoir la bourgeoisie libérale qui entend continuer la guerre alors que les soviets, de plus en plus influents, exigent la paix . Mais la Russie n'est plus une force d'attaque et les Alliés craignent une intensification de l'effort allemand à l'ouest. En octobre, Lénine organise la seconde révolution et lance des pourparlers de paix amenant à l'armistice en décembre.
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# Posté le mardi 25 mars 2008 12:27

1918 - vers la fin de la grande guerre

1918 - vers la fin de la grande guerre
Le haut commandement allemand (Maréchal Hindenburg et Quartier maître général Erich Ludendorff) sait qu'il dispose d'un délai de quelques mois — jusqu'à juin-juillet 1918 — pour remporter une victoire décisive sur les troupes alliées. Renforcés par les troupes venant du front est, et souhaitant forcer la décision avant l'arrivée des troupes américaines, les Allemands mettent toutes leurs forces dans d'ultimes offensives à l'ouest. Le commandement allemand décide de lancer une série de coups de boutoir contre les Anglais, particulièrement éprouvés depuis Passchendaele. Ils portent l'effort à la jonction du front français : connaissant la mésentente entre Haig et Pétain, ils espéraient en jouer. Il s'en faut de peu que les lignes anglaises ne soient emportées lors de l'offensive du 21 mars, dans la région de Saint-Quentin. Pétain n'envoie pas de renforts et il faut l'autorité de Clemenceau et de Foch pour amener Fayolle au secours des Anglais et sauver la situation. Une offensive contre les Français, le 27 mai, au Chemin des Dames, repousse l'armée allemande à la hauteur de Reims et de Soissons, soit une avancée de 60 kilomètres.

Paris est de nouveau à la portée des canons allemands à longue portée. Pourtant, la rupture décisive du front allié n'étant pas atteinte, le haut commandement allemand envisage alors un ultime effort et souhaite le diriger à l'encontre des troupes britanniques, réputées plus affaiblies afin de les rejeter à la mer en les coupant de l'armée française. Cette offensive doit être précédée par une offensive contre l'armée française afin d'immobiliser les réserves de celle-ci pour l'empêcher de secourir ensuite l'armée britannique. Lancée le 15 juillet 1918 par les troupes allemandes en Champagne, cette offensive préliminaire de « diversion » permet de mettre en œuvre pour la première fois à cette échelle la tactique de la zone défensive (formalisée par le général Pétain depuis près d'une année) qui va permettre de faire échec aux visées allemandes. Les troupes allemandes pénètrent en effet les premières lignes françaises, dont les forces organisées en profondeur, avec des môles de résistance, opposent un feu meurtrier. La progression des troupes allemandes est importante, et elles franchissent la Marne (seconde bataille de la Marne après celle de septembre 1914). Aventurées très au Sud et disposées en pointe sans se prémunir contre des attaques sur ses flancs, les troupes allemandes sont bousculées par la contre-attaque française dans la région de Villers-Cotterêts, entamée le 18 juillet 1918. Les résultats de cette contre-attaque sont dévastateurs pour ces troupes allemandes qui doivent refluer vers le Nord en évitant de justesse l'encerclement.

À compter de cette date, l'armée allemande n'est plus jamais en mesure d'engager une action offensive, l'initiative étant désormais dans le seul camp des Alliés qui vont engager dans les mois suivants des contre-attaques permettant de regagner le terrain perdu au cours du printemps 1918 puis des contre-offensives majeures. La grande offensive victorieuse a lieu le 8 août 1918. Les soldats canadiens, soutenus par les Australiens, les Français et les Britanniques, lancent une attaque en Picardie et enfoncent les lignes allemandes. Plus au sud, les soldats américains et français se lancent aussi dans de grandes attaques victorieuses. Pour la première fois, des milliers de soldats allemands se rendent sans combat. Les troupes allemandes ne peuvent résister aux armées alliées maintenant coordonnées par le général Foch. Ces dernières sont renforcées chaque jour davantage par le matériel et les soldats américains, par les premiers chars Renault FT-17 et par une supériorité sous-marine et aérienne.
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# Posté le mardi 25 mars 2008 12:35

Modifié le mardi 25 mars 2008 12:45

Les tranchées

Les tranchées
Le premier conflit mondial est caractérisé par une ligne de front continue, fortifiée, qui ne sera jamais rompue par aucune des armées en présence avant 1918. Le front est constitué de plusieurs lignes de défenses creusées dans la terre, les tranchées, reliées entre elles par des boyaux d'accès. Les soldats vivent et meurent là, dans la boue, le corps envahi de vermine, en compagnie des rats et de l'odeur pestilentielle des cadavres en décomposition. Un no man's land rendu infranchissable par des réseaux denses de barbelés, battu par le feu des mitrailleuses, sépare les deux premières lignes. Le danger est permanent, même en période de calme quand l'activité du front est faible, la mort survient n'importe quand au cours d'une patrouille, d'une corvée, d'une relève, ou d'un bombardement d'artillerie qui s'abat sur la position sans raison particulière. L'observation aérienne par les avions et les ballons permet aux armées de connaître avec précision la configuration du terrain ennemi, si bien que les tirs d'artillerie ne tombent jamais au hasard, les obus pleuvent toujours, de jour comme de nuit, en faisant le maximum de dégâts.
Les soldats ne se trouvent en sécurité qu'à une dizaine de kilomètres derrière les lignes quand ils sont hors de portée de l'artillerie lourde.

Les armées ne sont pas préparées à une guerre de tranchée. Plusieurs mois durant, les soldats français portent un pantalon rouge plutôt voyant. Ils finissent par porter un uniforme bleu horizon plus discret. L'uniforme ne prévoit pas non plus de protéger la tête des soldats. Ce n'est qu'en 1915 que le casque remplace le képi. La mortalité diminue de 50 % pour les plaies crâniennes. Les conditions de vie sont épouvantables. D'emblée les Allemands ont bétonné alors que du côté français, on a affaire à des tranchées de terre qui résistent tant bien que mal aux obus. Les soldats souffrent énormément du froid, de l'humidité, des rats et autres parasites. Le ravitaillement laisse parfois à désirer dans les tranchées les plus exposées au front.

On a souvent reproché aux chefs militaires du premier conflit mondial d'avoir conduit leurs troupes dans cette guerre de tranchée de façon aussi coûteuse en vies humaines qu'inutile. Pourtant, cette guerre de position n'est pas un choix stratégique. Elle est due au fait que, en ce début de l'ère industrielle, alors que les nations occidentales sont déjà capables de produire des armements en masse, les «progrès» techniques, qui ne cesseront de se succéder durant 4 ans, ont surtout concerné le matériel et la puissance de destruction plutôt que les moyens de s'en protéger.
Les débauches d'artillerie empêchent toute percée d'aboutir. Les soldats combattent souvent pour quelques mètres et n'arrivent pas à percer les tranchées ennemies protégées par un tir nourri d'artillerie et des lignes de barbelés. De 1914 à 1918, près de 70 % des pertes en vies humaines ont été provoquées par l'artillerie, contre moins de 20 % dans les conflits précédents. Ainsi, pour emporter les tranchées et mettre fin à cette forme de guerre, il faut attendre une arme entièrement nouvelle et qui apparaît plus tard : le char d'assaut.

# Posté le mardi 25 mars 2008 12:42