Personnages clés de la grande guerre

Personnages clés de la grande guerre
Nicolas II de Russie - Né en 1868, mort en 1918, à l'âge de 50 ans et 2 mois.

En juillet 1914, après l'attentat de Sarajevo et l'ultimatum adressé à la Serbie par l'Autriche-Hongrie, Nicolas II décréta la mobilisation générale afin de se préparer, au nom du panslavisme et des accords de défense, à se porter au secours de la Serbie, peuple slave et orthodoxe. L'engrenage des alliances conduisit la Russie à entrer dans la Première Guerre mondiale aux côtés de la France et de l'Angleterre, contre l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et l'Empire ottoman.

Les opérations militaires sur le front de l'est s'ouvrirent par l'offensive des troupes russes en Prusse Orientale et en Galicie, pour soulager les troupes franco-anglaises qui reculaient en France. Cette première offensive fût écrasée par Hindenburg à Tannenberg avec deux corps d'armée prélevés sur le front de l'ouest, corps qui firent cruellement défaut à l'armée allemande durant la bataille de la Marne et dont l'absence permit le salut La France.

En août 1915, Nicolas II prit les fonctions de commandant suprême des armées, écartant son oncle le grand-duc Nicolas Nicolaïevitch Romanov. Ce faisant, il laissait le pouvoir aux mains de l'impératrice Alexandra Feodorovna et de Raspoutine. Son quartier général était trop loin de Pétrograd.
# Posté le mardi 25 mars 2008 17:18

Personnages clés de la grande guerre

Personnages clés de la grande guerre
John Pershing - Né en 1860, mort en 1948, à l'âge de 87 ans et 10 mois.

Malgré tous les efforts déployés, Villa ne fut pas capturé. Au début de 1917, l'expédition fut arrêtée. Dans le même temps, les événements se bousculaient. Pershing fut nommé au grade de major général et les États-Unis déclarèrent la guerre le 6 avril 1917 à l'Empire Allemand de Guillaume II.

L'armée régulière américaine n'existait pas à proprement parler. Elle ne comptait qu'environ 250000 hommes. Pire, le général Frederick Funston, commandant de l'AEF (American Expeditionary Force), mourut le 19 février 1917. Il faut de toute urgence désigner un nouveau commandement et engager tout aussi rapidement une structuration de l'armée.

Quatre semaines après l'entrée en guerre des États-Unis, Pershing reçut un télégramme de son beau-père, le sénateur Warren, qui lui demandait comment il parlait le français. John répondit qu'il le parlait couramment. Quelques jours plus tard, il reçut une lettre du sénateur. Celui-ci l'informait que le secrétaire à la Guerre, Newton D. Baker, l'avait consulté au sujet du général qui devrait être envoyé en France. Un nouveau télégramme du major général Hugh L. Scott convoqua Pershing à Washington où ce dernier appris sa nomination au commandement de l'AEF.

Une nouvelle fois, cette décision provoqua une grande animosité dans l'armée. Pershing ne faisait pas partie, a priori, de la liste des généraux prédestinés à ce poste, comme l'étaient des généraux théoriquement plus expérimentés tels que James Franklin Bell, Thomas H. Barry, Hugh Lenox Scott, Tasker Howard Bliss ou encore Leonard Wood.

Toute liberté avait été donnée à Pershing pour la conduite des troupes américaines sur le sol français. La seule contrainte évoquée par le président Wilson était que les États-Unis devaient conserver toute liberté d'action sur leurs hommes et surtout ne pas se mettre dans une position de dépendance face aux Alliés. Le général Pershing et quelques hommes s'embarquèrent secrètement de New York le 28 mai 1917 et arrivèrent à Liverpool le 8 juin. Pershing fut reçu par le roi George V à Buckingham.

Un premier contingent de l'AEF, qui comptait à présent environ 1 500 000 hommes, arriva en France et reçut une ovation de la part du peuple français. La grande difficulté était, pour Pershing, de composer entre le manque total de préparation d'une armée encore à l'état d'embryon et la pression importante de la France et de la Grande-Bretagne, qui n'étaient pas en attente d'une armée américaine opérationnelle en tant que telle, mais plutôt d'hommes de troupe.

Pendant des mois, Pershing dut lutter avec les Français et les Britanniques pour résoudre de simples problèmes de dépôts d'approvisionnement, de bâtiments ou de lignes téléphoniques afin que les premières troupes américaines puissent enfin commencer à arriver en France. La première division américaine fut entraînée par la France. Cette dernière pensait que ces effectifs pourraient être incorporés dans leurs troupes. Ceci n'entrait pas du tout dans les intentions de Pershing, qui s'opposa vivement à cette idée. Pershing obtint que les États-Unis fussent associés au Commandement suprême, que formaient alors la France et la Grande-Bretagne.

Cette polémique connut un coup d'arrêt en mars 1918. Une contre-attaque allemande mit sérieusement en péril la ligne de front des Alliés et risqua même de provoquer leur défaite. Pershing, constatant tout le danger de la situation, prit la décision de placer les troupes américaines sous la responsabilité du commandant suprême des forces alliées, le maréchal Foch. Winston Churchill commenta que cette décision était à la hauteur de la gravité de la situation et qu'elle permit tout simplement de repousser l'offensive de Ludendorff.
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# Posté le mardi 25 mars 2008 17:20

Personnages clés de la grande guerre

Personnages clés de la grande guerre
David Lloyd George - Né en 1863, mort en 1945, à l'âge de 82 ans et 2 mois.

Au cours de la guerre, les libéraux et les conservateurs participent ensemble au gouvernement, mené par le libéral Herbert Asquith. Mais les conservateurs imposent son remplacement. Le 11 décembre 1916, Lloyd George lui succède, entraînant ainsi la scission du parti libéral. Il dirige le pays pendant le reste de la guerre et représente le Royaume Uni à la conférence de la paix de Versailles se heurtant à la fois au premier ministre français Georges Clemenceau et au président des États-Unis Woodrow Wilson.

Lloyd George veut punir l'Allemagne politiquement et économiquement mais sans aller comme le souhaiterait Clemenceau jusqu'à anéantir sa puissance. Lorsqu'on lui demande ensuite comment il s'en est tiré à Versailles, il répond par un trait d'esprit : « Pas mal en considérant que j'étais assis entre Jésus Christ et Napoléon ».

Il défend aussi l'idée de plébiscite pour déterminer le tracé de la nouvelle frontière germano-polonaise. Il en résultera une très longue frontière, militairement indéfendable et théâtre de nombreux incidents. Jusqu'au 20 octobre 1922 il tente des réformes socialisantes mais est empêché en grande partie par ses alliés conservateurs. Il accorde l'indépendance à l'Irlande. Il est le dernier premier ministre britannique libéral.

Il fut soupçonné de comploter contre Raspoutine.
# Posté le mardi 25 mars 2008 17:22

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Personnages clés de la grande guerre
Benoît XV - Né en 1854, mort en 1922, à l'âge de 67 ans et 2 mois.

Benoît XV proclame la neutralité du Saint-Siège dans l'Osservatore Romano du 3 septembre 1914.

Le 1er novembre, il publie l'encyclique Ad beatissimi qui se présente comme un appel à la paix, indiquant en conclusion : « Nous appelons de tous nos v½ux, en faveur de la société humaine et en faveur de l'Eglise, la fin de cette guerre si désastreuse. » Il associe cependant l'enjeu du conflit à celui de la question romaine : « tout en souhaitant instamment que les nations fassent la paix au plus tôt, Nous désirons vivement aussi, que le Chef de l'Église cesse de se trouver dans cette condition anormale [sous-entendu, la privation d'un territoire propre à l'Église] qui pour bien des raisons est funeste aussi à la tranquillité des peuples. » Dans la lignée du mouvement anti-moderniste, Benoît XV dénonce également le « mal funeste » qu'il considère comme « la véritable cause de la terrible guerre présente » : la société laïque et libérale issue, en France, de la Révolution française, et en Italie, du Risorgimento.

Par la suite, Benoît XV se refuse à toute condamnation , malgré les crimes de guerre dont s'accusent les deux camps, se contentant d'appeler de manière générale au respect des règles du droit de la guerre – ce qui lui vaudra l'incompréhension ou l'hostilité des deux parties.
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# Posté le mardi 25 mars 2008 17:25

Personnages clés de la grande guerre

Personnages clés de la grande guerre
Georges Clémenceau - Né en 1841, mort en 1929, à l'âge de 88 ans et 2 mois.

Au début de la Première Guerre mondiale, il est dans l'opposition, mais Raymond Poincaré qui pourtant ne l'apprécie guère, l'appelle en novembre 1917 à la tête du gouvernement. Il restaure la confiance, mettant tout en ½uvre pour que la République soutienne le choc de cette guerre (Guillaume II prédisait justement le contraire, assurant que les démocraties – France et Royaume-Uni – s'effondreraient d'elles-mêmes si la guerre devait durer). « Ni trahison, ni demi-trahison : la guerre ! » proclame-t-il. Dans sa politique intérieure, Georges Clemenceau s'emploie à mater énergiquement toute tentative de révolte, de mutinerie ou de grève dans les usines. Il mène également une lutte énergique pour le soutien du moral des troupes. Pour ce faire, il pourchasse les pacifistes, les défaitistes et fait également pression sur la presse favorable à ces mouvements sans pour autant utiliser la censure. Il fait également arrêter Malvy et Joseph Caillaux, le second sans motif sérieux mais simplement parce qu'il est partisan d'une paix négociée. Plus résolu et plus intransigeant que jamais, il devint un véritable dictateur (au sens antique du terme) et conduit une politique de salut public qui porte ses fruits l'année suivante. « Je fais la guerre, je fais toujours la guerre », dit-il le 8 mars 1918 à la tribune de l'Assemblée, pour résumer son jusqu'au-boutisme.

Churchill a dit de lui : « Dans la mesure où un simple mortel peut incarner un grand pays, Georges Clemenceau a été la France ».

En d'autres temps, cet autoritarisme lui aurait valu la mise au ban du monde politique français. En la circonstance, il sort de l'épreuve nanti d'une grande popularité, tant chez les civils que parmi les poilus. Ses nombreuses visites au Front ne sont certes pas étrangères à cela. Soutenant le général Foch dans les heures critiques du printemps 1918, il impose sa marque profonde sur la dernière année du conflit. Plus que jamais, son surnom de « Tigre » est à la fois célèbre et mérité. À celui-ci vient s'ajouter celui de « Père la Victoire », qui résume à lui seul la part prise par lui au redressement de 1918, notamment pour son rôle dans la création du commandement unique, au mois de mars. Clemenceau est chargé d'annoncer à la Chambre et au pays les conditions de l'armistice du 11 novembre 1918. Son surnom de « Père-la-Victoire » se transforma vite en l'ironique « Perd-la-Victoire » à cause de son opposition à l'annexion de la Sarre, et les très lourdes exigences financières imposées à l'Allemagne vaincue, qui explique qu'on ait dit de lui qu'il avait « gagné la Guerre mais perdu la Paix ».
# Posté le mardi 25 mars 2008 17:27