John Pershing - Né en 1860, mort en 1948, à l'âge de 87 ans et 10 mois.
Malgré tous les efforts déployés, Villa ne fut pas capturé. Au début de 1917, l'expédition fut arrêtée. Dans le même temps, les événements se bousculaient. Pershing fut nommé au grade de major général et les États-Unis déclarèrent la guerre le 6 avril 1917 à l'Empire Allemand de Guillaume II.
L'armée régulière américaine n'existait pas à proprement parler. Elle ne comptait qu'environ 250000 hommes. Pire, le général Frederick Funston, commandant de l'AEF (American Expeditionary Force), mourut le 19 février 1917. Il faut de toute urgence désigner un nouveau commandement et engager tout aussi rapidement une structuration de l'armée.
Quatre semaines après l'entrée en guerre des États-Unis, Pershing reçut un télégramme de son beau-père, le sénateur Warren, qui lui demandait comment il parlait le français. John répondit qu'il le parlait couramment. Quelques jours plus tard, il reçut une lettre du sénateur. Celui-ci l'informait que le secrétaire à la Guerre, Newton D. Baker, l'avait consulté au sujet du général qui devrait être envoyé en France. Un nouveau télégramme du major général Hugh L. Scott convoqua Pershing à Washington où ce dernier appris sa nomination au commandement de l'AEF.
Une nouvelle fois, cette décision provoqua une grande animosité dans l'armée. Pershing ne faisait pas partie, a priori, de la liste des généraux prédestinés à ce poste, comme l'étaient des généraux théoriquement plus expérimentés tels que James Franklin Bell, Thomas H. Barry, Hugh Lenox Scott, Tasker Howard Bliss ou encore Leonard Wood.
Toute liberté avait été donnée à Pershing pour la conduite des troupes américaines sur le sol français. La seule contrainte évoquée par le président Wilson était que les États-Unis devaient conserver toute liberté d'action sur leurs hommes et surtout ne pas se mettre dans une position de dépendance face aux Alliés. Le général Pershing et quelques hommes s'embarquèrent secrètement de New York le 28 mai 1917 et arrivèrent à Liverpool le 8 juin. Pershing fut reçu par le roi George V à Buckingham.
Un premier contingent de l'AEF, qui comptait à présent environ 1 500 000 hommes, arriva en France et reçut une ovation de la part du peuple français. La grande difficulté était, pour Pershing, de composer entre le manque total de préparation d'une armée encore à l'état d'embryon et la pression importante de la France et de la Grande-Bretagne, qui n'étaient pas en attente d'une armée américaine opérationnelle en tant que telle, mais plutôt d'hommes de troupe.
Pendant des mois, Pershing dut lutter avec les Français et les Britanniques pour résoudre de simples problèmes de dépôts d'approvisionnement, de bâtiments ou de lignes téléphoniques afin que les premières troupes américaines puissent enfin commencer à arriver en France. La première division américaine fut entraînée par la France. Cette dernière pensait que ces effectifs pourraient être incorporés dans leurs troupes. Ceci n'entrait pas du tout dans les intentions de Pershing, qui s'opposa vivement à cette idée. Pershing obtint que les États-Unis fussent associés au Commandement suprême, que formaient alors la France et la Grande-Bretagne.
Cette polémique connut un coup d'arrêt en mars 1918. Une contre-attaque allemande mit sérieusement en péril la ligne de front des Alliés et risqua même de provoquer leur défaite. Pershing, constatant tout le danger de la situation, prit la décision de placer les troupes américaines sous la responsabilité du commandant suprême des forces alliées, le maréchal Foch. Winston Churchill commenta que cette décision était à la hauteur de la gravité de la situation et qu'elle permit tout simplement de repousser l'offensive de Ludendorff.